Le 6 octobre, nous avons eu le plaisir d’accueillir Natalia Egorova pour une rencontre consacrée aux traductions françaises du Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.
À partir de la comparaison de la traduction de Claude Ligny et de celle d’André Markowicz et Françoise Morvan, la rencontre a permis d’explorer les difficultés très concrètes auxquelles se heurte le traducteur littéraire.
Comment faire comprendre au lecteur francophone une réalité culturelle qui lui est étrangère ? Que faire d’une expression comme «шляпа пирожком», d’une «ковбойка», de l’«абрикосовая» ou d’une «дача»? Les choix des traducteurs — beignet ou panama, chemise de cow-boy ou chemise de bûcheron, jus d’abricot ou gazeuse-abricot, villa ou datcha — montrent combien une même réalité peut produire des images très différentes dans une autre langue.
La discussion a également porté sur les noms parlants, les références culturelles, les notes explicatives et la liberté stylistique du traducteur. Faut-il conserver l’étrangeté du texte original ou la rendre plus immédiatement accessible au lecteur francophone ? Jusqu’où peut aller l’interprétation sans transformer le traducteur en co-auteur ?
Une rencontre riche en exemples, en questions et en échanges, qui nous rappelle que traduire la littérature, ce n’est pas seulement traduire des mots : c’est aussi traduire une culture, des images et une manière de voir le monde.
Merci à Natalia Egorova et à tous les participants pour cette rencontre passionnante !

